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Comprendre la relation entre parasitisme et immunité

Pour s’immuniser, un jeune bovin doit avoir un contact suffisant et répété avec un faible nombre de parasites.

Les mécanismes qui régissent l’immunité font intervenir de nombreuses cellules et sont encore incomplètement élucidés. Ils permettent  de se défendre contre différents agresseurs : prions, virus, bactéries, protozoaires, champignons microscopiques, parasites… Ces derniers ont développé, au cours du temps, des stratégies complexes pour survivre et se multiplier à l’intérieur voire à l’extérieur de leurs hôtes qui leur offrent gite et couvert. In fine, c’est un véritable équilibre dynamique mais fragile qui s‘établit entre le pouvoir pathogène des intrus et le système immunitaire de l’hôte dont le rôle est de limiter la prolifération des parasites, voire de les éliminer.

 

 

Comment une immunité efficace contre les parasites se met-elle en place ?

 

Tout d’abord, une immunité naturelle complète existe heureusement contre certains parasites !

Les chevaux par exemple n’hébergent pas les mêmes strongles que les bovins, à l’exception de Trichostrongylus axei. Les bovins sont donc des impasses épidémiologiques pour les parasites des chevaux, qui ne parviennent pas à s’implanter ou à boucler leur cycle. Il en est de même pour la plupart des parasites affectant la faune sauvage.

 Dans d’autres cas, ce sont ceux qui nous préoccupent, le parasite est adapté au bovin.

La réponse immunitaire de ce dernier peut alors parfois empêcher les réinfestations successives : on parle d’immunité concomitante ou de prémunition. C’est un phénomène intéressant car il protège le bovin sur la durée.

 Cette immunité de prémunition peut s’installer rapidement (pour la cryptosporidiose, les coccidioses et la bronchite vermineuse) ou plus lentement. C’est le cas de l’immunité contre les strongles gastro-intestinaux dont le plus pathogène Ostertagia, vit dans la caillette.

 

Progressivement et au fur et à mesure des contacts avec les différentes formes sous lesquelles Ostertagia est présent dans les bovins, l’immunité contre ce vers se met en place :

-          elle est assez rapidement acquise, en 3 mois environ, contre les vers adultes dont la nutrition est perturbée (ils sont plus petits, vivent moins longtemps et les femelles pondent moins d’œufs).

-          Au bout de 5 mois, l’immunité bloque le développement des larves L4 d’Ostertagia en vie ralentie dans les glandes gastriques.

-          Après 6 à 8 mois de contact avec les larves L3 dites infestantes que les bovins avalent avec l’herbe pâturée, l’immunité spécifique contre ces larves permet de réduire à 1% leur taux d’implantation.

Pour créer et maintenir cette immunité acquise globalement sur 2 saisons de pâturage, le bovin doit avoir un contact suffisant et répété avec un faible nombre de parasites. Si un traitement antiparasitaire trop fort et actif trop longtemps supprime tout contact entre les parasites et les bovins durant les premières saisons de pâture, elle ne pourra donc pas se mettre en place.

 

Par la suite, elle n’est effective que si les parasites persistent dans l’organisme et elle disparait rapidement s’ils sont détruits par anthelminthique. Elle sera donc perturbée par des traitements antiparasitaires inopportuns supprimant tout parasite alors que l’animal est à l’étable et ne se recontamine pas.

 

 

Existe-t-il des cas dans lesquels l’immunité ne protège pas ?

 

C’est le cas de l’immunité contre la douve qui est trop faible pour empêcher les réinfestations successives d’une année sur l’autre. Pire, elle est telle qu’elle entraine des modifications de la structure du foie qui se fibrose en tentant de séquestrer les parasites, entraînant à terme une insuffisance hépatique.

 Autre exemple, les paramphistomes adultes localisés dans le rumen et le réseau ne semblent pas générer d’immunité.

 

 

L’immunité peut-elle être « dépassée » par les parasites ?

 

L’immunité ne peut pas suffire si le « challenge parasitaire » est trop important. De nombreuses situations de cette nature peuvent se rencontrer : présence de nombreuse larves ayant survécu à l’hiver en début de saison, jeunes animaux immatures qui recyclent vite et beaucoup de parasites, conditions météorologiques et climatiques favorisant la survie des larves dans le milieu extérieur ou accélérant leur développement, quantité de larves infestantes ingérées importantes…

 Dans ce cas, l’animal souffre visiblement du parasitisme avec des diarrhées, retards de croissance en 1ère saison de pâturage (dont on sait qu’ils ne sont pas rattrapables), amaigrissement, poil piqué…

 

Par ailleurs, tous les animaux ne sont pas égaux devant les parasites. Il existe bien des situations où l’animal lui-même n’est pas en mesure de répondre à un challenge parasitaire auquel ses congénères pourraient faire face. C’est le thème de notre deuxième partie : « Les bovins sont-ils tous égaux face au parasitisme ? »