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La maladie de mortellaro

Initialement décrite il y a 40 ans en Italie puis un peu plus tard en France, la dermatite digitée est la plus problématique des maladies des pieds des bovins. Initialement, elle sévissait surtout en élevage laitier mais l’élevage allaitant n’est plus épargné.

Il s’agit d’une maladie contagieuse et infectieuse mais il reste des doutes sur le ou plutôt les microbes responsables. Il s’agit d’une association de malfaiteurs : des bactéries qu’on retrouve aussi dans les lésions du fourchet, avec des Tréponèmes.

 

Comment se manifeste la maladie de Mortellaro ?

 

Elle prend la forme caractéristique d’une ulcération ronde ou ovale de la peau au niveau des talons, beaucoup plus rarement dans l’espace entre les onglons ou à l’avant du sabot.

Cette lésion prolifère et bourgeonne ; elle prend l’aspect d’une fraise ou d’une framboise entourée d’un liseré blanc et de poils hérissés. Les pieds postérieurs sont plus souvent atteints. L’odeur aigre est très désagréable. Dans certaines formes, les tissus profonds de la corne  peuvent se nécroser et se décoller.

La douleur et la boiterie sont variables. Les animaux essaient de soulager la zone atteinte en posant seulement la pointe (la pince) des onglons qui s’use alors plus rapidement que le talon.

Les animaux boiteux se déplacent moins, mangent moins, expriment moins bien les chaleurs et produisent moins de lait. L’impact sur le bien-être et les productions est évident voire désastreux.

 

Quels sont les facteurs favorisants ?

 

La maladie est généralement introduite dans un troupeau suite à l’achat d’un animal atteint ou porteur sain. Elle évolue ensuite sous forme d’épidémie.

Les conditions de logement et l’environnement jouent un rôle déterminant dans le déclenchement et la propagation de la maladie.

 

Idéalement il faudrait lever tous les pieds des animaux achetés pour vérifier l’absence de lésions et de douleur et respecter une quarantaine de 2 mois… mais c’est irréaliste.

 

Tout ce qui favorise la macération de la peau et les micro-blessures va permettre aux bactéries de pénétrer dans le derme : hygiène défectueuse, zones humides dans les lieux fréquentés par les vaches (pourtour des abreuvoirs ou des auges, aire d’attente, chemins boueux), mauvaise aération des bâtiments, surdensité, sols rugueux ou caillouteux sont autant de facteurs de risque.

 

Peut-on traiter un bovin atteint ?

 

Comme lors de toute boiterie, il est nécessaire de lever le pied et de le nettoyer pour identifier le problème, et ce dans de bonnes conditions de sécurité pour l’homme et l’animal.

Le parage fonctionnel limite l’appui au niveau du talon et un traitement local sous forme de spray antibiotique ou de gel (à base de cuivre , zinc et aloe vera) est appliqué.

La mise en place d’un pansement est controversée, il ne doit pas être maintenu plus de quelques jours.

 

Les récidives sont fréquentes. Le parage curatif est obligatoire sur les lésions bourgeonnantes pour exposer les microbes responsables et anaérobies à l’air libre et éliminer les tissus nécrosés. Si le pied saigne beaucoup, un pansement compressif arrête l’hémorragie.

 

Des anti inflammatoires pour la douleur et des antibiotiques injectables peuvent être prescrits.

 

Les traitements individuels sont d’autant plus efficaces qu’ils sont précoces. Dans les élevages laitiers atteints, il est judicieux d’inspecter régulièrement les talons des vaches en salle de traite, à l’aide d’un petit miroir télescopique, afin de repérer les lésions qui n’engendrent pas encore de boiterie et de les soigner par pulvérisation.

 

Est-il possible de mettre en place des mesures collectives ?

 

Les traitements collectifs sont instaurés pour guérir les animaux atteints quand ils sont nombreux et/ou pour prévenir l’apparition de nouvelles lésions par une désinfection fréquente des pieds.

 

De nombreuses solutions techniques sont proposées, avec des résultats variables ; elles permettent parfois de contrôler l’extension de la maladie mais jamais de l’éradiquer :

-          des pédiluves classiques avec de l’eau : beaucoup de solutions désinfectantes pour pédiluves existent sur le marché. Les bovins doivent avoir les pieds propres avant d’y passer et la solution doit être changée tous les 60 à 100 passages ; à défaut, ils propageraient plutôt la maladie. Rappelons que l’usage du formol cancérigène et du sulfate de cuivre toxique pour l’environnement y sont interdits.

-          Des pulvérisations de biocides systématiques et renouvelées, sur les talons des postérieurs uniquement, en salle de traite ou au cornadis : une société vend des bactéries lactiques à pulvérisées sur les pieds, qui pourraient jouer le rôle de flore barrière  aux bactéries pathogènes de la dermatite digitée.

-          Des tapis imbibés de produits pour pédiluve : le nettoyage est plus simple et le désinfectant se contamine moins avec la bouse mais il n’atteint pas toujours la couronne.

-          Un système de mousse à l’acide peracétique pulvérisée dans l’aire d’attente

-          Des pédiluves « secs » contenant une poudre désinfectante et asséchante…

 

Finalement, le parage préventif annuel, voire plus fréquent, permet de repérer et de soigner localement les lésions de dermatite digitée. Il est incontournable mais il faut procéder à une désinfection correcte des reinettes et autres outils, afin de ne pas propager la maladie.

 


Lésion caractéristique de dermatite digitée