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Grands Troupeaux : Savoir utiliser les principaux indicateurs sanitaires

Même si l’œil de l’éleveur reste un gage de réussite quelle que soit la taille de l’élevage, le manager de grand troupeau doit aussi passer du temps devant l’écran de son ordinateur pour analyser les données individuelles et consulter les indicateurs de troupeau. Il doit ainsi utiliser quelques indicateurs faciles à repérer pour la surveillance de la productivité de son cheptel.

 

Surveiller la production

L’efficacité alimentaire optimale qui doit être recherchée se situe à 1,4 kg de lait par kg de matière sèche. Une baisse de 5% de la production quotidienne est significative (moins de 200 kg pour un cheptel de 150 vaches). Elle doit inciter l’éleveur à contrôler les bouses, les refus ou la qualité des aliments… Les causes d’une dégradation sont multiples : mauvaise évaluation du taux de MS de l’ensilage de maïs, ration mal équilibrée, défaut de transition, mélange hétérogène, fibre mal coupée…

 

Maîtriser les risques de cétose

La cétose, consécutive à une maîtrise insuffisante de l’amaigrissement, a des répercussions sur les performances laitières et sur les performances de la reproduction. Un test sanguin, rapide au chevet de la vache, permet de la dépister.

 Quelques règles de dépistage précoce doivent être instaurées pour intervenir avant le déclenchement de troubles importants et durables. Les animaux pour lesquels le risque est majoré sont les suivants :

  • la primipare qui, 5 jours après le vêlage, produit moins de 25 litres de lait ;
  •  la multipare qui n’atteint pas 30 litres de lait à 5 jours post partum ;
  • la vache grasse au vêlage (NEC ≥ 4),
  • la vache à tarissement long (> 60 jours),
  • la non délivrance,
  • la vache qui a mis au monde des jumeaux,
  • la fièvre de lait.

 

Bien détecter les chaleurs

 Il est inutile de rappeler qu’il n’y a pas de bonnes performances de reproduction sans une détection de chaleurs efficace et précise.

Toutes les personnes de l’équipe doivent noter les signes de chaleur observés pour le signaler à la personne responsable de la reproduction du cheptel qui sera le seul à prendre la décision de l’insémination. Même si les deux outils les plus indispensables restent sans aucun doute le calepin de notes et le planning prévisionnel, l’utilisation de détecteurs d’activité améliore indiscutablement le repérage des vaches en chaleurs. Toutefois, en plus des périodes biquotidiennes d’observation des animaux, ils obligent l’éleveur à s’asseoir devant l’ordinateur, une ou deux fois par jour (en fonction du nombre de traites : les données sont réactualisées à l’entrée du quai), pour relever les vaches en chaleur. L’analyse du temps de repos est également une donnée intéressante : si la vache en chaleur augmente son activité physique, une vache « pathologique » augmente son temps de repos. Une vache qui associe un temps de repos augmenté et une production laitière diminuée nécessite une surveillance particulière.

 

Le passage de 70 à 120 vaches n’est pas qu’une augmentation supplémentaire des charges de travail. Il exige une totale réorganisation du travail avec un véritable management du troupeau.